Baudelaire, Le chat

Publié le par Loiselle

Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.

Quand il miaule, on l'entend à peine,


Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.


Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fond le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.


Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.


Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,


Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !

 

Charles Baudelaire, "Le chat", Les fleurs du mal, 1857

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

anne+marie 01/06/2009 18:31

baudelaire l'avait compris, les chats sont des êtres féériques ; on ne se lasse pas de lire ces magnifiques poèmes à leur gloire;
j'espère que tu en as lu qq uns à mis kitkat
bzz
a marie